80% des proches aidants à Paris sont des femmes, ne restez pas seules !
D’après une enquête réalisée début 2025 par l’Observatoire social de la ville de Paris et la sous-direction de l’Autonomie de la direction des Solidarités, 80 % des proches aidants dans la capitale sont des femmes. Si cette étude met en avant leur motivation, elle soulève aussi des points à ne pas négliger : les proches aidantes sont souvent à bout de souffle et ne se sentent pas assez accompagnées ni reconnues…
Pourtant, l’accompagnement de la dépendance, qu’elle soit liée au vieillissement ou au handicap, représente un enjeu majeur de notre société : en 2022, 15 % des 75 ans et plus étaient en perte d’autonomie et le nombre de bénéficiaires de la PCH (Prestation de Compensation du Handicap) a augmenté de 7 % entre 2022 et 2023. De plus, selon l’Observatoire de l’emploi à domicile, le nombre de particuliers employeurs dépendants ou handicapés s’élève à 225 541 en 2025 et ce chiffre ne fera qu’augmenter à l’horizon 2035.
Sources :
Le secteur des particuliers employeurs et de l’emploi à domicile – Rapport sectoriel – Édition 2025.
Infographie de l’emploi à domicile en France, édition 2025.
Pourquoi les proches aidantes se sentent-elles seules et épuisées ?
Pour mieux comprendre pourquoi ces femmes se sentent seules, il faut d’abord s’intéresser aux personnes qu’elles aident et aux tâches qu’elles accomplissent au quotidien.
Les personnes aidées sont :
- À 40 % porteuses d’un handicap ou d’une déficience mentale ;
- À 31 % d’un trouble du développement ;
- À 22 % d’un handicap moteur ou psychique ;
- À 15 % de maladies invalidantes ;
- À 13 % de polyhandicap.
Les tâches des proches aidantes se concentrent à 87 % sur les gestes du quotidien, à 75 % en rapport avec les troubles cognitifs, à 72 % en lien avec les problèmes de mobilité et à 58 % sur tous les actes essentiels de la vie de la personne aidée.
Une charge mentale considérable, des conséquences sur la santé, la fatigue, le surmenage, le sommeil… La proche aidance est perçue comme une activité lourde pour 76 % des personnes concernées.
Fort de ce constat, il faut aussi tenir compte de la situation des proches aidantes et des personnes aidées dans la capitale : des logements inadaptés aux besoins de la personne assistée, un volume horaire allant de 18 à 35 heures par semaine et une aggravation de la dépendance au fur-et-à-mesure des années.
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Comment apporter aide et reconnaissance aux proches aidantes ?
Dans 54 % des cas, les proches aidantes déclarent rechercher une aide extérieure, que ce soit auprès d’un parent ou d’un professionnel… Toutefois, peu d’entre elles vont jusqu’au bout de la démarche, préférant donner la priorité à la personne aidée plutôt qu’à leur propre bien être, estimant que les services proposés ne correspondent pas à ce qu’elles recherchent ou encore que les démarches sont trop compliquées. Pourtant, elles sont 60 % à exprimer un besoin de reconnaissance ou d’information, 50% à souhaiter du répit et du relai, 50 % à avoir besoin d’un soutien dans leurs démarches administratives et 25 % d’une aide financière.
Il est donc essentiel d’informer ces personnes sur les aides aidants familiaux, qu’elles soient financières ou qu’elles proposent un soutien moral et psychologique :
- L’accompagnement par un assistant de vie : les proches aidantes peuvent se faire accompagner par un assistant de vie. Il viendra les soulager en s’occupant à leur place de leur parent aidé. L’assistant de vie peut même partir en vacances avec la personne en situation de handicap ou de perte d’autonomie, de quoi souffler et prendre du temps pour soi !
- Les aides financières : la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) et l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) représentent des aides financières facilitant l’embauche d’un assistant de vie auprès d’une personne en situation de handicap ou de perte d’autonomie. Sans oublier le crédit d’impôt et l’exonération de charges permettant d’alléger le coût de l’emploi d’un assistant de vie.
Enfin, l’enquête réalisée met en lumière la question du statut de proche aidant qui n’existe toujours pas en droit et qui pourrait voir le jour à l’avenir permettant d’apporter cette reconnaissance tant recherchée.
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