La rupture de votre contrat de travail de garde d’enfants avec le parent employeur qui vous emploie implique de respecter certaines procédures. France Emploi Domicile vous détaille les différents modes de rupture du contrat de travail ainsi que les documents et indemnités de fins de contrat qui vous sont dus.
1. Garde d’enfant à domicile : qui peut rompre votre contrat de travail ?
Le contrat de travail peut être rompu par le particulier employeur ou par vous-même. La rupture du contrat peut également découler d’un commun accord entre vous et l’employeur, dans le cadre d’une rupture conventionnelle. Quelle que soit la raison motivant la rupture du contrat de travail, les deux parties doivent respecter certains délais et obligations légales afin de mettre un terme à la relation de travail.
Le licenciement
Le licenciement est une rupture du contrat de travail à l’initiative de votre employeur. La décision doit être motivée par une cause réelle et sérieuse et en aucun cas discriminatoire. Par exemple, un licenciement en raison de la suppression de votre poste peut être considéré comme valable.
La procédure de licenciement se déroule en 3 étapes :
- La convocation à l’entretien préalable
Cette convocation peut vous être remise en main propre ou envoyée par lettre recommandée avec avis de réception. Cette lettre doit contenir certaines informations obligatoires :
- L’objet du courrier doit mentionner clairement votre convocation à un entretien préalable à votre éventuel licenciement.
- La date et l’heure de l’entretien doivent être indiquées (en principe, sur le temps de travail), en plus du lieu de l’entretien, soit le domicile de votre employeur.
De plus, un délai de 3 jours ouvrables doit être impérativement respecté entre le lendemain de la remise en main propre de la convocation, ou de la première présentation du recommandé à votre domicile et la tenue de l’entretien. Autrement dit, l’entretien préalable ne peut avoir lieu qu’à partir du 4e jour ouvrable à partir du lendemain de la remise de la convocation, ou de sa première présentation par recommandé à votre domicile.
Le motif n’a pas à être mentionné dans la convocation.
- L’entretien préalable
L’entretien préalable à un éventuel licenciement est l’occasion pour votre particulier employeur d’expliquer les motifs pour lesquels il envisage le licenciement. En tant que salarié, vous pouvez également profiter de ce moment pour faire des commentaires et développer vos propres explications.
Ni votre employeur ni vous-même ne pouvez venir accompagnés à cet entretien.
- La notification du licenciement
La notification du licenciement est un courrier qui vous est adressé. Il doit être envoyé par lettre recommandée avec accusé de réception. Cette notification peut avoir lieu à partir du quatrième jour ouvrable et, au plus tard, le trentième jour ouvrable, à minuit, décompté à partir du lendemain de l’entretien ou du lendemain de la date prévue de celui-ci s’il n’a pas eu lieu.
La lettre de licenciement doit mentionner les arguments développés par votre employeur durant l’entretien préalable de manière claire, précise et exhaustive. Toutes les raisons de la rupture du contrat de travail doivent y apparaître.
Avant de rompre définitivement le contrat de travail, il est nécessaire de respecter un préavis, sauf en cas de licenciement pour faute lourde ou grave. Ce préavis débute le jour de la première présentation de la lettre de licenciement envoyée par recommandé, même si vous ne la réceptionnez que plus tard. La durée du préavis dépend de votre ancienneté chez l’employeur :
- Ancienneté inférieure à 6 mois : 1 semaine ;
- Ancienneté comprise entre 6 mois et 2 ans : 1 mois ;
- Ancienneté supérieure à 2 ans : 2 mois.
Vous continuez de percevoir votre salaire et vous devez poursuivre votre travail durant toute la durée du préavis. L’employeur a la possibilité de vous dispenser d’effectuer votre préavis, mais il doit, néanmoins, vous rémunérer durant cette période. Vous pouvez également demander à ne pas effectuer votre préavis. En cas d’accord de l’employeur, vous n’êtes pas rémunéré pour la période concernée et le contrat de travail s’arrête au dernier jour travaillé.
Votre démission
Comme tout salarié à domicile, vous pouvez décider de rompre votre contrat. Vous devez alors en informer votre employeur par écrit et par lettre recommandée avec accusé de réception ou en main propre contre décharge. Vous n’êtes pas tenu d’expliquer les raisons de votre décision, mais vous devez faire savoir à votre employeur votre volonté claire et non équivoque de démissionner.
Vous devez respecter un préavis qui commence le jour de la remise en main propre de votre lettre de démission ou de la première présentation du courrier recommandé au domicile de l’employeur. La durée de préavis dépend de votre ancienneté chez l’employeur :
- Ancienneté inférieure à 6 mois : 1 semaine ;
- Ancienneté comprise entre 6 mois et 2 ans : 2 semaines ;
- Ancienneté égale ou supérieure à deux ans : 1 mois.
Si vous travaillez pendant votre préavis, celui-ci est rémunéré normalement. Votre employeur peut vous dispenser d’effectuer le préavis, mais il doit vous rémunérer durant cette période. Vous pouvez également demander à votre employeur, par écrit, de ne pas effectuer votre préavis. En cas d’accord, vous n’êtes pas rémunéré pour la période concernée et le contrat de travail s’arrête au dernier jour travaillé.
La rupture conventionnelle
Également appelée « rupture à l’amiable », la rupture conventionnelle résulte de la volonté commune de votre employeur et de vous-même de mettre fin au contrat de travail. Cette procédure s’effectue en 5 étapes :
- L’accord des deux parties
Votre employeur et vous-même devez convenir en commun d’une rupture conventionnelle du contrat de travail.
Votre employeur ne peut pas vous imposer une rupture conventionnelle.
De même, vous ne pouvez pas l’imposer à votre employeur.
- La signature de la convention
Après avoir complété le formulaire de rupture conventionnelle sur le site TéléRC (https://www.telerc.travail.gouv.fr/accueil) , il faut en éditer 3 exemplaires : un pour le salarié, un pour l’employeur et un à télétransmettre à la Direction du travail (DREETS) via le site TéléRC. Cette convention fixe le délai de rétractation, la date de fin de contrat, ainsi que le montant de l’indemnité de rupture.
- Le délai de réflexion
Dès le lendemain du jour de la signature de la convention, un délai de réflexion de 15 jours calendaires débute. Durant ce délai, chacune des deux parties peut se rétracter par écrit. Le refus de poursuivre la procédure annule immédiatement la rupture conventionnelle.
- L’envoi de la convention à la Direction Régionale de l’Economie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (DREETS)
Pour valider la rupture conventionnelle, il faut télétransmettre la convention signée par les deux parties à la DREETS via le site TéléRC.
- Le délai d’homologation
À partir du lendemain de la réception de la convention, la DREETS dispose de 15 jours ouvrables pour homologuer ou non la rupture conventionnelle. En cas d’absence de réponse, l’homologation est réputée acquise et le contrat s’arrête à la date indiquée dans la convention. L’employeur doit vous remettre un exemplaire de l’attestation d’homologation.
En cas de refus de la rupture conventionnelle, la procédure s’arrête, n’entraînant pas la rupture du contrat de travail.
Votre départ en retraite
Le départ à la retraite se fait généralement à votre propre initiative : on parle alors de départ volontaire. Vous devez avoir atteint l’âge minimum de départ à la retraite. Pour bénéficier d’une retraite à taux plein, il vous faut justifier d’une durée minimale de cotisation. Si vous souhaitez prendre votre retraite, vous devez avertir votre employeur par écrit et respecter un délai de préavis identique à celui prévu en cas de licenciement.
Votre employeur peut également décider de vous mettre à la retraite, mais uniquement si vous avez au moins 70 ans. Il doit vous informer de sa décision par lettre recommandée avec accusé réception ou remise en main propre contre décharge. Le délai de préavis à respecter est le même qu’en cas de licenciement et dépend donc de votre ancienneté chez l’employeur.
Le décès de l’employeur ou de l’enfant (lorsque le contrat a pour objet exclusif la garde de ce dernier)
En cas de décès de votre employeur ou de l’enfant gardé, le contrat de travail est automatiquement rompu. Néanmoins, l’employeur, les ayants droits de votre employeur ou un tiers doivent effectuer les formalités de fin de contrat, notamment vous informer par lettre recommandée du décès de l’employeur ou de l’enfant. Le décès entraîne la rupture automatique du contrat de travail.
Aucun préavis ne doit être respecté et vous ne devez pas venir travailler au domicile de votre employeur après le décès. En revanche, vous percevez une indemnité égale à l’indemnité compensatrice de préavis due en cas de licenciement, une indemnité dont le montant est égal à l’indemnité de licenciement, si vous avez au moins 8 mois d’ancienneté, le versement de votre dernier salaire, ainsi qu’une indemnité compensatrice de congés payés (sauf si le salaire inclut la majoration de 10% au titre) des congés payés. L’employeur, les ayants droits de votre employeur ou un tiers doivent également vous remettre vos documents de fin de contrat dans un délai de 30 jours calendaires à compter de la date du décès.
Le décès de la garde d’enfant à domicile
Le décès de la salariée à domicile entraîne également la rupture automatique du contrat de travail le liant à son employeur. Toutefois, il revient au particulier employeur de verser aux ayants droits du salarié décédé : le dernier salaire (jusqu’à la date du décès) ainsi que les indemnités de congés payés (sauf si le salaire est majoré de 10% au titre des congés payés).